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Histoire : l ‘histoire turbulente de l’île peut être retracée depuis 8000 ans en arrière. Comme beaucoup d’îles méditerranéennes, Chypre
a longtemps été une importante base stratégique et a souffert des occupations diverses. Les Athéniens, les Perses, les Egyptiens,
Alexandre le Grand et les Romains furent les principaux envahisseurs pendant la période ancienne, mais après le partage de
l’Empire Romain au 4ème siècle après JC, l’île fut intégrée au sein de l’empire Byzantin. Elle fut par la suite victime de
l’invasion arabe entre 648 et 746. Pendant la troisième croisade, Richard I d’Angleterre conquit la Chypre et nomma au pouvoir
Guy de Lusignan (Roi de Jérusalem auparavant) qui régna jusqu’en 1489 ou Venise prit le contrôle de l’île. A partir de 1571,
les ottomans gouvernèrent Chypre pendant plus de trois siècles et en 1878, les britanniques leur succédèrent. L’indépendance
fut acquise en août 1960 après 4 ans de guerre militaire entre le Royaume-Uni et la force armée de l’EOKA (Organisation Nationale
des Combattants Chypriotes) qui revendiquait « l’enosis » : l’union avec la Grèce, qui était considérée comme une abomination
par la communauté turque. Le leader politique du mouvement de la libération, Archbishop Makarios (porte-parole de l’église
orthodoxe grecque) revint de son exil et fut élu Président en décembre 1959. La nouvelle constitution de l’île fut un compromis
élaboré par les britanniques et les communautés rivales grecques et turques et se révéla être un vrai désastre. Une crise
politique surgit en 1974 quand Makarios fut victime d’un coup militaire, le 15 juillet (prétendument soutenu par le régime
militaire qui était alors au pouvoir). Cinq jours plus tard, les troupes turques débarquèrent sur les côtes du nord de l’île,
« invitées » par le leader chypriote turc, Rauf Denktash, pour protéger la communauté turque de l’île. La Grèce ne fut pas
en mesure de réagir, non pas à cause de l’effondrement de la junte militaire à Athènes, mais parce que la Garde Nationale
grecque chypriote n’était pas apte à faire face à une grosse armée mobilisée. Après que les turcs eurent pris la partie nord
de l’île, un cessez le feu fut engagé par les Nations Unies. L’île fut alors partagée et les forces des Nations Unies maintinrent
une trêve entre les deux côtés. En novembre 1983, la partie turque se proclama "République Turque du Nord de Chypre » (TRNC,
Kuzey Kibris Turk Cumhuriyeti), mais cette indépendance ne fut reconnue que par la Turquie et quelques petits états (par exemple, l’enclave Azeri de Nakhichevan).
Pour le reste de la communauté internationale, le gouvernement légitime de Chypre (Kiprikai Demokratika) est l’administration grecque chypriote à Nicosie. Ce gouvernement est actuellement dirigé par le président Glakos Clerides,
qui fut élu en février 1993 et réélu en février 1998. Les dernières élections législatives eurent lieu en mai 1996. AKEL (parti
communiste) conforta sa position avec 19 sièges, juste derrière les 20 sièges représentés par l’alliance des conservateurs
et des libéraux du DISY et de Komma Phileleftheron. Le parti démocratique (DIKO) avec 10 sièges continue à maintenir l’équilibre
du pouvoir et s’est allié avec le DISY pour créer une majorité fonctionnelle à l’Assemblée. Les principales questions du gouvernement
grec chypriote sont toujours les mêmes : comment renouer les relations avec la TRNC et réunifier l’île ? Beaucoup de tentatives
d’accords politiques ont échoué : le problème est l’équilibre et la concentration du pouvoir des deux gouvernements : les
troupes turques au nord et la renonciation de la propriété par les réfugiés grecs des biens désormais occupés par les turcs.
La TRNC est dirigée par Rauf Denktash, la figure politique dominante depuis les 25 dernières années : il fut réélu en tant
que président avec une majorité confortable en avril 1995 et en avril 2000. Un accord futur dépendra de l’Union Européenne
que Chypre et la Turquie souhaiteraient rejoindre, malgré que les deux côtés soient bien conscients de ce que la solution
politique soit une solution virtuelle !
Gouvernement : la constitution de 1960 qui a autorisé le partage du pouvoir entre les communautés turque et grecque est officiellement dominante
mais en pratique les états qui se sont créés sont divisés en deux zones. Le pouvoir exécutif dans la République de Chypre
est légué à un président élu au suffrage universel pour cinq ans. Il est assisté par le Conseil des Ministres. Un parlement
comportant 56 sièges (Vouli Antiprosopon) est aussi élu au suffrage universel pour cinq ans. Un système similaire est aussi en pratique dans la « République Turque
du Nord de Chypre ». L’Assemblée Législative (Temsilciler Mecsili) est composée de 50 membres élus par une représentation proportionnelle pour un mandat de cinq ans. Le Président exécutif
est aussi élu pour une durée de cinq ans.
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